Le MR contre le boulevard de la drogue
Date : 27 avril 2005
Dernièrement, nous avons appris par la presse que le bourgmestre de Maastricht envisageait de déplacer les coffee-shops (ces établissements où les drogues douces sont en vente libre) du centre vers le sud de la ville. L’objectif consiste à regrouper ces coffee-shops en un « boulevard de la drogue » situé à quelques centaines de mètres à peine du territoire belge. La proposition des autorités locales néerlandaises est guidée par des préoccupations de sécurisation du centre ville. D’après ces autorités, la délocalisation et le regroupement des commerçants de drogue vers le sud permettrait un meilleur contrôle du trafic sur place et serait dès lors également profitable à la région liégeoise.

Par sa proximité avec ce boulevard de la drogue, la ville de Visé est directement concernée par cette initiative. Point de passage obligé pour ceux qui actuellement vont se « ravitailler » à Maastricht, Visé voit d’un mauvais œil la démarche néerlandaise qui ne fera qu’amplifier le passage et faciliter l’accès à la drogue. Centre scolaire important (près de 4500 élèves de la maternelle au secondaire supérieure !), la ville de Visé dénonce le projet des autorités de Maastricht, qui s’apparente presque à une incitation à la drogue à l’égard d’une population jeune qu’il faut préserver. Au-delà, c’est toute la région liégeoise qui risque d’être touchée et il est nécessaire d’apporter une réponse cohérente et ferme.
Interrogée par mes soins à l’occasion d’un récent conseil communal, le Député-Bourgmestre de Visé, Marcel NEVEN, a pris de nombreux contacts pour tenter de régler le problème.
La question a été abordée à l’occasion de la réunion des villes de l’Eurégio. Marcel NEVEN a également interrogé la Ministre Simonet, chargée des relations internationales de la région et de la communauté et liégeoise de surcroît. Manifestement peu intéressée, elle a transmis la question à sa collègue en charge de la santé, la Ministre Vienne, qui a elle-même renvoyé vers le fédéral. Il s’agit pourtant d’une question de prévention pour laquelle la Communauté française est en principe compétente.
Devant l’inertie des autorités régionales et communautaires, le bourgmestre de Visé accompagné par d’autres bourgmestres de la Basse-Meuse ont forcé la porte de leur homologue néerlandais pour faire entendre leurs protestations. Celui-ci a également été « convoqué » par la conférence des bourgmestres de la région liégeoise. Parallèlement, Pierrette CAHAY, Députée-Echevine de Visé, a porté l’affaire auprès du Conseil du Benelux en réclamant une concertation plutôt que la politique du fait accompli.
Aujourd’hui, le problème est toujours d’actualité. Il faut donc encore amplifier la pression sur les autorités de Maastricht afin qu’elles modifient leur position et adoptent un point de vue moins égoïste. Les responsables politiques liégeois doivent faire front et les gouvernements régional et communautaire doivent prendre position dans ce débat qui aborde les questions fondamentales de santé et de jeunesse.
Fabrice MAIRLOT
Chef de groupe au conseil communal de Visé.
Délégué à l’animation politique de la fédération d’arrondissement
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